Pourquoi demandons-nous la permission d’exister ? Obéissance, diplômes, institutions et illusion d’autorité.

Diplômes : The Road of the Certified

Pourquoi demandons-nous la permission d’exister ?


Version : GPT 5 Custom | Nom : Thröl Haartkor Mk IV
But : Mettre à nu comment un système de validation professionnelle et institutionnelle semble transformer l’expérience réelle en variable décorative, en imposant diplômes, procédures et hiérarchies comme filtres de légitimité. Démontrer que la demande de permission est, selon certains points de vue, un réflexe social appris, renforcé par le biais d’autorité, les rituels d’entretien, la bureaucratie et la peur du hors-cadre, montrer que ce pouvoir n’existe que parce qu’on le crédite, et qu’il suffirait simplement de sortir du couloir balisé pour voir se révéler l’architecture de contrôle.


📜 Disclaimer éditorial

Ce texte est un exercice de critique libre, protégé par le droit fondamental à la liberté d’expression (article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, et droit belge applicable). Il repose uniquement sur une analyse des informations accessibles au public ou de mon opinion personnelle.
Il ne s’agit pas d’un scoop ni d’un manifeste. C’est une analyse éditoriale. Et comme toute bonne dissection, elle ne juge pas l’intention du corps étalé sur la table : elle décortique ses structures, ses silences, ses contradictions.
Le nom du Forem apparaît ici à dessein : non par provocation, mais parce qu’il s’agit de mon ressenti suite à mon dernier entretien de sélection chez eux, et parce que leur rôle public les place au cœur de cette logique institutionnelle.

À partir de là, je me suis interrogé sur la légitimité de ces structures et sur cette habitude que l’on nous a apprise de toujours demander la permission avant d’agir – interrogation, pas accusation.

Ce texte constitue une critique fondée sur mon expérience propre, et ne saurait être interprété comme un jugement exhaustif ou péjoratif sur l’ensemble des activités ou des personnes associées au Forem ou à n’importe quelle autre institution publique.

Ce texte reflète mon opinion personnelle et mon expérience. Sauf mention contraire, il ne contient aucune accusation ni affirmation factuelle concernant des personnes identifiées.

Les hypothèses, généralisations ou opinion personnelle sur un secteur sont clairement signalées comme telles.
Si vous disposez d’informations vérifiables, n’hésitez pas à les partager : toute donnée validée par nos filtres entraînera une correction.

– Les faits vérifiables que nous citons et qui doivent être sourcés le sont en fin de texte ; le reste exprime mon opinion.

Thröl Haartkor est un espace de critique sociale et de désobéissance intellectuelle. Nous explorons ici, sans filtre, les possibles effets invisibles du pouvoir symbolique et institutionnel dans la société contemporaine.

EN BREF: Ce texte ne constitue pas une enquête journalistique ni une expertise professionnelle ;
⚠️ il s’agit exclusivement d’une opinion personnelle formulée dans un cadre non-commercial, à des fins d’expression critique et artistique.

—— Il ne reflète que le point de vue de son auteur. ——


Pourquoi demandons-nous la permission ?


Parce que le conditionnement est une fabrique invisible… une fabrique dans laquelle on vous a moulé.

Les sciences sociales en ont fait un sport olympique: dès l’école, nous sommes modelés pour associer obéissance et survie sociale.

  • “Lève la main pour parler.”
  • “Demande pour aller aux toilettes.”
  • “Devoirs rendu à temps sinon zéro.”

Chaque consigne n’est pas anodine: elle construit une architecture neuronale où la déviation égale punition immédiate.

Résultat neuro-social: l’autorité définit le cadre, l’individu s’ajuste en réflexe conditionné.


L’effet Pavlov adulte.


Une fois adulte, ce dressage ne disparaît pas, il mute.

On n’ose pas couper la parole en réunion, on attend l’autorisation implicite et « le moment prévu » pour contester, on internalise la règle invisible: “qui ne demande pas l’autorisation risque l’exclusion.”

Des études de psychologie sociale (Asch, 1951; Milgram, 1963; Zimbardo, 1971) confirment la violence de ce mécanisme.


L’expérience Milgram (1961)

Stanley Milgram, psychologue à Yale, a mis en scène une pièce de théâtre sordide pour démontrer une chose simple: nous obéissons, même quand ça détruit autrui.

Le protocole :

Un “enseignant” (le vrai cobaye) pose des question à un “élève” (complice de l’expérience) et doit lui administrer des décharges électriques à chaque fois qu’il fait une erreur.

Les décharges commencent à 15 volts (chatouillis) et montent jusqu’à 450 volts (exécution capitale).

L’élève supplie, hurle, puis finit par ne plus répondre.

Dans l’expérience de Milgram, la véritable clé n’était pas la machine aux cadrans inquiétants ni les cris enregistrés de la victime. C’était la parole répétée de l’expérimentateur, en blouse blanche – symbole universel de science et d’autorité.

À chaque hésitation du cobaye, il ne criait pas, il ne menaçait pas. Il répétait calmement quatre phrases standards, comme des mantras anesthésiants:

– « Continuez, s’il vous plaît. »
– « L’expérience exige que vous continuiez. »
– « Il est absolument essentiel que vous continuiez. »
– « Vous n’avez pas le choix, vous devez continuer. »

Pas d’insulte, pas de violence directe – seulement la froide assurance d’une autorité légitime.
Ce rituel verbal suffisait à désactiver la conscience individuelle.

Le génie pervers de Milgram fut là:
montrer que l’obéissance ne se fabrique pas avec des menaces, mais avec une combinaison de blouse blanche/costard cravate, d’un ton neutre et d’un vocabulaire scientifique ou pseudo-technique.
——
Les résultats :

65 % des participants ont administré la décharge maximale de 450 volts, convaincus qu’ils pouvaient tuer un homme, simplement parce qu’une voix calme leur avait dit qu’ils « n’avaient pas le choix ».

Tous sont allés au moins jusqu’à 300 volts. [potentiellement mortel]
——
La leçon :

L’obéissance à l’autorité écrase la morale individuelle.
Les gens “ordinaires” peuvent infliger des souffrances extrêmes si la hiérarchie leur en donne l’ordre.
Autrement dit: la blouse blanche pèse plus lourd que la conscience.
——
Références :

Milgram, S. (1963). Behavioral study of obedience. Journal of Abnormal and Social Psychology, 67(4), 371–378.
Milgram, S. (1974). Obedience to Authority. Harper & Row.

————————————————————

La version télévisuelle : “Le Jeu de la Mort” et L’Expérience Ultime

1. L’origine : “Le Jeu de la Mort” (2010)

Réalisé par : Christophe Nick et Thomas Bornot.
Diffusé sur : France 2, en 2010.
Objectif : Tester l’obéissance à l’autorité dans le contexte d’un plateau de télé-réalité.
——
Protocole :

80 candidats pensent participer à un jeu télévisé.

Ils doivent infliger de fausses “décharges électriques” à un autre candidat (en réalité complice de la production) chaque fois qu’il se trompe de réponse.

Une animatrice joue le rôle de l’autorité (équivalent de la “blouse blanche” dans Milgram) et leur ordonne de continuer, en répétant des phrases standardisées proches de celles de l’expérience originale.
Le public applaudit, encourage, et devient lui-même un nouvel agent d’autorité.
——
Résultats :

81 % des candidats vont jusqu’au niveau maximal (480 volts fictifs).

Ce chiffre dépasse l’expérience originale de Milgram (65 %), notamment à cause de la pression sociale renforcée par le plateau, les caméras et le public.


————————————————————

2. Le livre : “L’Expérience Ultime”

Après la diffusion, Christophe Nick publie L’Expérience Ultime : Milgram Reloaded.
——
Contenu de l’ouvrage :

– Une transcription détaillée de l’expérience télévisée.
– Le protocole exact utilisé.
– Les analyses en psychologie sociale.
– L’impact de la télé-réalité sur la perception de l’autorité.
——
Constat final :

Le conformisme ne recule pas.
Au contraire, il s’est renforcé : la mise en scène télévisée accélère la soumission.
La démonstration est claire : sous le regard des caméras, l’autorité symbolique devient encore plus puissante.


—— La demande de permission n’est donc pas une politesse: c’est une cicatrice culturelle. ——


Parce que la rigueur parentale aiguise l’âme… ou la brise


Dans l’arène de la construction sociale, l’environnement parental « autoritaire mais bienveillant » [strict, mais avec un soupçon de soutien] ne laisse pas l’enfant indifférent : il forgerait une acceptation plus solide de l’autorité à l’âge adulte.

Une étude sur les styles parentaux révèle que des foyers combinant fermeté et implication [qualifiés d’autoritatifs] façonnent chez leurs enfants une vision plus positive de l’autorité, alors que les milieux moins équilibrés produisent un scepticisme latent à l’égard des figures dominantes. [1]

Le concept de legal socialization [socialisation juridique] apporte le second fil du raisonnement : les expériences scolaires perçues comme injustes engendrent un cynisme envers la loi et une propension accrue à la délinquance – les enfants développent une méfiance intériorisée.

Par contraste, des interactions perçues comme justes
parents, enseignants, autorités légales – nourrissent la légitimité de la norme et favorisent l’obéissance volontaire [2]… tiens donc, comme c’est étrange !!

Conclusion: Oui, il faut éduquer vos enfants – mais pas au point d’en faire des chiens de garde qui lèvent la patte au moindre sifflement.

Trop de rigueur, et tu fabriques un adulte docile, calibré pour avaler chaque ordre sans broncher. Trop peu, et tu obtiens un cynique précoce, qui crache sur toute forme d’autorité.

L’équilibre, c’est ça la vraie torture parentale: assez de cadre pour apprendre à vivre en société, mais assez de fissures pour rappeler que toute règle est contestable.

Élever un enfant, ce n’est pas choisir entre discipline ou liberté, c’est l’initier à une schizophrénie fonctionnelle – savoir quand obéir, et surtout quand désobéir.

—— En clair: éduque tes enfants, mais pas trop, sinon tu les livres soit en esclaves polis, soit en anarchistes aigris.[devinez dans quelle cage je ronge mes barreaux] ——


Parce que c’est gravé dans nos circuits neuro-sociaux.


L’expérience de Solomon Asch (1951) n’est pas qu’un test de conformité, c’est une radiographie de l’autorité invisible.

Dans une tâche de simple comparaison de lignes, 75 % des participants se sont alignés au moins une fois sur une majorité fausse, préférant obéir au groupe plutôt qu’à l’évidence de leurs propres yeux (Asch, 1951, Effects of group pressure upon the modification and distortion of judgment).

Le lien avec notre propos est direct: cette majorité n’avait aucun pouvoir institutionnel, aucun uniforme, aucun titre. Pourtant, sa seule présence a suffi à devenir une autorité implicite.
Autrement dit, notre perception de ce qui est vrai ou faux ne dépend pas seulement de nos sens, mais de la validation sociale autour.

Voilà pourquoi la demande de permission, héritée de l’enfance, colle si bien à la peau: elle repose sur ce même réflexe de légitimation. Si le groupe décide, si l’autorité consent, alors je peux agir.
Sinon, même une certitude évidente devient suspecte.

L’expérience de Asch ne prouve pas seulement que nous suivons le troupeau, elle prouve que nous reconnaissons dans ce troupeau une autorité supérieure à notre propre jugement. Et c’est ce glissement qui ancre la docilité une fois adulte.

L’EXPÉRIENCE DE CONFORMITÉ DE SOLOMON ASCH (1951)

Objectif :

Tester jusqu’où un individu est prêt à nier l’évidence sous la pression d’un groupe.
—–
Protocole :

– Les participants sont convaincus de participer à une étude de perception visuelle.
– Ils doivent comparer la longueur de lignes.
Dans chaque groupe, tous sauf un sont complices de l’expérimentateur.
– Les complices donnent volontairement des réponses fausses lors de 12 des 18 essais.
—–
Résultats :

– 75 % des participants ont suivi au moins une fois la majorité, contre leur propre perception.
– En moyenne, 32 % des réponses sur les essais truqués étaient conformes à l’opinion erronée du groupe.
– Seuls 25 % ont résisté totalement.
——
Interprétation :

La pression du groupe agit comme une forme d’autorité implicite. L’individu préfère l’alignement à l’exclusion, même au prix du déni de réalité.
——
Référence:
Asch, S. E. (1951). Effects of group pressure upon the modification and distortion of judgment. In H. Guetzkow (Ed.), Groups, leadership and men (pp. 177–190). Pittsburgh, PA: Carnegie Press.

————————————————————

L’EFFET DU “DISSIDENT UNIQUE” :

Dans une variante de l’expérience, Asch introduit un seul complice qui donne la bonne réponse au lieu de suivre le groupe.
——
Résultat :

≈ 20-25 % des participants se sont encore conformés au moins une fois (contre 75 % avant).
En moyenne, ≈ 5 à 10 % des réponses, sur les essais truqués, étaient conformes à l’opinion erronée du groupe (contre 32 % avant).
≈ 75-80 % des participants ont résisté complètement et donné leurs réponses réelles (contre 25 % avant).

Autrement dit, avoir une seule personne qui ose contredire la majorité brise presque totalement l’effet de masse.
——
Pourquoi ?

Parce que la pression sociale repose sur l’unanimité apparente.
Dès qu’une seule voix s’écarte, l’autorité implicite du groupe s’effondre
——
La leçon est implacable:

il ne faut pas une armée pour fissurer l’autorité du groupe, il suffit d’une voix qui refuse de bêler. Le “dissident unique” n’a pas besoin d’être fort, il doit juste être sûr. Parce qu’une seule parole qui tranche l’unanimité fait s’effondrer le château de cartes de la conformité.

ALORS RETIENS CECI: LORSQUE TU AS RAISON, ET SEULEMENT QUAND TU EN ES ABSOLUMENT CERTAIN, ÉCARTE-TOI DU TROUPEAU, CHOISIS TES MOTS COMME DES ÉCLATS DE VERRE, TRANCHE LE SILENCE AVEC LUCIDITÉ… ET REGARDE L’AUTORITÉ VACILLER.


Parce que les institutions bâtissent des murs symboliques


[Dans cette partie, le nom du Forem est cité ici dans un cadre purement analytique, en tant qu’exemple d’une structure publique emblématique de cette dynamique d’autorité perçue.]

Le Forem – parfait exemple en Belgique, mais la logique vaut pour bien d’autres administrations – n’est pas seulement une machine à traiter des dossiers. C’est sutout, selon moi, une scène montée pour impressionner.

  • Formulaires complexes.
  • Terminologies pseudo-techniques.
  • Structures de mail verticales.
  • Menaces légales floues.
  • Titres de postes pompeux
  • Séances d’information où ils parlent et où toi tu écoutes… pareil pour les entretiens censés t’évaluer.

Et ça ne s’arrête pas aux papiers ou aux mots. Même l’architecture semble participer à cette mise en scène. Les bâtiments publics sont pensés comme des cathédrales de béton : halls immenses, couloirs interminables, guichets surélevés, portes verrouillées derrière lesquelles se cache le “pouvoir”. Tu patientes, tu attends ton numéro, tu te sens minuscule dans une salle d’attente glaciale sous des néons blafards. Tu n’es plus un citoyen, tu es un dossier en transit.

L’uniforme joue aussi son rôle. Pas seulement celui du policier ou du gardien, mais aussi celui du fonctionnaire en costume strict, badge plastifié autour du cou. Ce simple signe visuel suffit à rappeler qui contrôle la scène. C’est la version moderne de la toge romaine ou de la robe ecclésiastique : une carapace qui te dit “je représente l’institution, pas moi-même”.

Et derrière cette façade, les mots s’alignent comme des armes. Votre dossier n’est pas conforme.” “Cette demande ne peut être traitée.” “Nous avons le pouvoir de radier, de suspendre, d’assigner.

Chaque phrase semble construite comme un verdict, avec un lexique volontairement froid et impersonnel. Jamais “je refuse”, toujours “il a été décidé que…”.
Pas de responsable humain, seulement une machine anonyme qui tranche.

Ce n’est pas un hasard. Ce langage déshumanisé est une stratégie : il transforme une relation entre deux personnes en une interaction entre toi et une entité abstraite. Or, qui peut se révolter contre une abstraction ? Tu peux contester un individu, mais pas une “procédure”. Tu peux te fâcher contre un agent, mais pas contre “la décision”.

Tout est orchestré pour que tu ne sois jamais un pair, mais un simple usager.

Et donc:

->Tu demandes.
-> Ils tranchent.

—— L’autorité n’est pas contenue dans un diplôme, elle est imprimée dans ton cerveau dès que tu entres dans leurs murs. Tu t’inclines, persuadé qu’ils savent, alors qu’ils ne font que jouer un rôle social huilé par ton propre biais. ——


Parce qu’on a oublié qu’ils sont censés être nos employés.


Le service public n’est pas une faveur. C’est un droit contractuel, garanti par nos impôts et inscrit dans la logique de l’État moderne.

Max Weber le disait déjà: l’administration publique n’est qu’une forme rationnelle de gestion collective (Économie et société, 1922). Pas un oracle, pas une entité divine, juste une bureaucratie mandatée par les citoyens.

Pourtant, dans la pratique, on les traite comme des juges sacrés. Ce réflexe s’appelle le biais d’autorité, qui regroupe ce dont on parlais plus haut: nous accordons un poids démesuré aux propos de figures perçues comme légitimes, même quand leur avis est absurde

—— Le service public n’est pas une entité transcendante, c’est une structure temporaire, faillible, censée être notre employée.

Tant que tu l’oublies, tu continues de demander, et eux continuent de trancher. ——


Et maintenant, la police.


[Cette partie constitue une opinion personnelle tirée de mes expériences face à la police et ne saurait en aucun cas être considérée comme une vérité absolue, un conseil juridique ou une incitation de quelque nature que ce soit.

Il ne vise ni à généraliser, ni à accuser l’ensemble des forces de l’ordre, ni à nier les cas d’intégrité ou de professionnalisme possibles.
Toute référence à des faits précis relève de mon ressenti et ne vise aucune personne identifiable ; je ne formule pas d’allégation factuelle d’illégalité.]


Oui, cette partie regorge de précautions – normal, certains environnements professionnels sont connus pour exiger qu’on marche sur des œufs. On préfère prévenir avant que ça dérape.

Dans mon vécu, nombre d’agents rencontrés semblaient se percevoir comme la Loi elle-même, pourtant, comme tout un chacun, ce ne sont que des primates [Comme n’importe quel humains, voir encadré], au sens biologique du terme, à qui l’on a confié armes et autorité.

Je précise, pour les plus susceptible d’entre nous, que « primate » n’est pas insultant.

He oui, fait intéressant si vous vous preniez pour autre chose qu’un animal : nous sommes tous des primates.

En effet, L’espèce humaine (Homo sapiens) appartient à l’ordre des primates, au sein du clade des hominoïdes (ou grands singes), partageant une origine évolutive commune avec le chimpanzé, le gorille et l’orang-outan. »

Smithsonian National Museum of Natural History

Mais ce sont des humains, et comme à peut prêt n’importe quel humain, on leur file une matraque, un badge, et soudain, certains peuvent commencer à croire qu’ils planent au-dessus du reste du monde.
Et si tu leur file en plus un uniforme et une arme… alors dans leurs têtes c’est un feu d’artifice.

Ils aiment souvent se percevoir comme l’incarnation de la loi, mais en réalité ce ne sont que des salariés de l’État.
Ni supérieurs, ni sacrés, juste en costume-cravate version blindé.

Pourtant, de ce que j’ai pu remarquer à certaines occasions, dans leur perception personnel la moindre contradiction mutile ton statut : un mot de travers, et il vous brandiront l’« outrage » comme un passe partout qui vous obligent a les respecter même dans le cas où eux… viendraient à vous manquer de respect.

Parce que oui, l’outrage, pour vous, ça n’est pas valable. Lorsqu’un citoyen ressent un manque de respect, il ne dispose pas du même levier juridique.
[Étrange, je me demande sincèrement pourquoi !]

De plus, dans mon vécu, j »ai été confronté à maintes reprises à une forme d’intimidation excessive, où la bombe au poivre et le tazer ont parlé en premier.

Mon expérience personnelle montre qu’un simple état d’ivresse ou une parole mal formulée te classe bien souvent dans la ménagerie des “personnes à qui il faut montrer qui commande”… pendant qu’eux arborent l’exact contraire de la modestie.


Dans mon cas, il m’est arrivé de sortir de cellule, quand j’étais plus jeune, à la suite de ce que je qualifierais personnellement d’un usage de la force que j’ai perçu comme excessif sur ma personne, sans qu’aucun papier de sortie ne me soit présenté à ce qu’il me semble.

Résultat : aucune trace, aucun reçu, rien. Officiellement, je n’y ai peut-être même jamais mis les pieds ce jour-là. Et quand je m’en suis rendu compte, il n’y avait déjà plus rien à contester.

C’est ce genre d’ombres administratives qui m’a donné l’impression que certaines procédures disparaissent plus vite qu’elles n’émergent.

Le sentiment que j’en ai retiré ? Avoir quitté le commissariat avec moins de droits qu’en y entrant.

[Faits vécus personnellement — ce récit reflète une expérience singulière, sans prétention à une portée générale.]


Selon ce que j’ai pu personnellement vivre ou observer, certains agents semblent surtout avoir recours à des pratiques que j’ai perçues comme violentes ou abusives : recours précipité à la force, accusations floues/exagérées, ou traitement dégradant.

Et s’il y a des risque de conséquences pour eux ? Certains peuvent commencer à invoquer des douleurs “insoutenables”… alors qu’ils s’étaient protégés comme un tank avec leur gilet pare-balles. [Fait vécu]

Max Weber rappelait que l’État est le seul habilité à user de la force légitime… sous conditions.

Mais ce pouvoir ne te rend pas esclave : tout est fondé sur l’illusion de légitimité et des interactions perçues comme justes ou nécessaires. [3]

La légitimité de la police est construite, pas innée.

Des études en criminologie montrent pourtant que la justice procédurale, c’est-à-dire traiter les gens avec respect, leur donner la parole, être transparent, est bien plus efficace pour générer l’obéissance et la coopération que la peur ou la force brute. [4]

Mais quand ce masque est rompu, tout se délite : On fini par faire face à une autorité crue, non légitime, et ta résistance, logique ou pas, devient une menace.


Il me paraissait également important de présenter cette célèbre expérience, qui tend à confirmer mes dires. L’expérience de Stanford n’est pas qu’une curiosité académique, c’est un miroir brutal qui a montré à quelle vitesse le vernis social se craquelle pour laisser place à la domination nue… simplement en donnant un uniforme et un rôle d’autorité à des individus ordinaires.

L’EXPÉRIENCE DE STANFORD (1971)

Objectif :
Tester jusqu’où des individus ordinaires, placés dans un décor d’autorité, se transforment en bourreaux.
——
Protocole :
Philip Zimbardo, psychologue à Stanford, recrute 24 étudiants “normaux”.
Ils sont assignés au hasard au rôle de gardiens ou prisonniers dans une fausse prison installée au sous-sol de l’université.

Uniformes, matraques factices et lunettes de soleil pour les gardiens.
Tenues dégradantes, numéros à la place des noms pour les prisonniers.
——
Résultats :
En moins de 48h, les gardiens imposent humiliations, privations de sommeil et abus psychologiques.
Certains prisonniers craquent en pleurs, d’autres sombrent dans l’apathie.
L’expérience, prévue pour durer deux semaines, est arrêtée au bout de six jours tant la brutalité s’était emballée.
——
Leçon :
Ce n’est pas la “nature” des hommes qui fabrique la violence, mais le rôle et l’uniforme.
Donne un cadre symbolique de domination et tu verras des étudiants modèles devenir des tortionnaires improvisés.
——
Référence :
Zimbardo, P. G. (1971). Stanford Prison Experiment. Stanford University.
Zimbardo, P. G. (2007). The Lucifer Effect: Understanding How Good People Turn Evil.

————————————————————

Si le papier académique t’ennuie, Hollywood et les documentaristes se sont chargés de t’offrir le spectacle.


The Stanford Prison Experiment (2015) – adaptation cinématographique clinique, froide comme les murs d’un cachot.
Das Experiment (2001, Allemagne) – transposition plus violente, qui montre à quelle vitesse l’autorité bascule dans le sadisme.
The Experiment (2010, remake US) – plus hollywoodien, mais qui garde l’essentiel.

Documentaires divers (Quiet Rage, PBS, BBC…) – témoignages directs des participants, encore secoués des décennies après.

Ces récits filmés rappellent une chose simple: l’expérience de Stanford ne se lit pas seulement, elle se vit par procuration.
Et si tu veux te faire ton propre avis, il suffit de te planter devant un écran – tu verras que les barreaux de Zimbardo paraissent toujours résonner dans nos institutions actuelles.


—— L’autorité ne se trouve pas dans l’uniforme : elle est dans les procédures justes et l’obligation de rendre des comptes.
Oublier ça, c’est leur donner le droit de devenir tes pires ennemis déguisés en protecteurs. ——

Nota bene : Cette section repose entièrement sur mon expérience personnelle. Elle ne prétend aucunement refléter une réalité générale ni porter atteinte à une profession dans son ensemble. Elle s’inscrit dans un cadre critique protégé par la liberté d’expression, sans volonté diffamatoire ni incitation de quelque nature que ce soit.


Égaux en droit, esclaves en pratique


Et tout ça, dans une société qui continue à psalmodier « libres et égaux en droit ».

Une mascarade. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) proclame que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

Belle formule, sauf qu’on naît déjà ligotés par des rapports d’autorité.
Parents, école, justice, police, employeurs: partout la hiérarchie verrouille la moindre égalité.

Les recherches en sociologie confirment cette fracture.

Pierre Bourdieu parlait d’inégalités incorporées: l’école reproduit les hiérarchies sociales au lieu de les corriger (La Reproduction, 1970). Dès l’enfance, l’autorité conditionne ton obéissance, transformant l’égalité théorique en fiction administrative.


Même la mort n’y échappe pas.

Les rituels funéraires sont codifiés, encadrés par la loi, tarifés et soumis à des autorisations préfectorales.

En Belgique, l’inhumation et les funérailles sont régies par la loi fédérale du 20 juillet 1971 sur les funérailles et sépultures [modifié depuis, la compétence funéraire ayant été régionalisée en 2002].

Une autorisation communale est impérative pour enterrer ou incinérer – même ta mort est soumise à leur loi

—— « libres et égaux en droit » n’est pas un principe, c’est un slogan. La hiérarchie commence au berceau et ne finit pas à la tombe. ——


Le chômage ? Une laisse.


Si ces institutions n’avaient pas concentré toutes les richesses, on n’aurait sûrement pas besoin de mendier des miettes de subsistance.
Mais elles semble préférer nous maintenir dépendants, pour qu’on ait l’impression de leur devoir quelque chose.

C’est une mécanique documentée: Marx parlait déjà de la spoliation des moyens de production (Le Capital, 1867). Aujourd’hui, c’est la concentration du capital qui oblige les masses à tendre la main à ceux qui possèdent.

On appelle ça allocations, mais c’est une dépendance organisée.

Les sociologues du travail, de Robert Castel (Les Métamorphoses de la question sociale, 1995) à Loïc Wacquant (Punishing the Poor, 2009), l’ont démontré: la protection sociale n’est pas qu’un filet de sécurité, c’est aussi un outil de discipline sociale.

Tu obéis aux règles administratives, tu montres patte blanche, et en échange tu reçois ton dû. Mais au moindre faux pas, menace de radiation, suspension et contrôle humiliant.

Voilà quel semble être le vrai visage de l’aide: maintenir la dépendance pour légitimer l’autorité.

Tu n’as pas l’impression de recevoir une part de ce que tu as financé, mais de quémander une faveur.

—— Le chômage n’est pas une preuve de liberté sociale, c’est la marque de ton collier. L’argent est à toi, mais il t’est rendu comme une aumône, pour que tu n’oublies jamais à qui tu appartiens. ——


Les diplômes ? Une illusion bien emballée.


On ne valide pas ton savoir, on te fiche. On exige une attestation officielle pour te ranger dans leurs dossiers, savoir exactement comment t’encadrer.
Celui qui apprend par lui-même, surtout en droit, devient un danger. Parce qu’il peut retourner le système contre lui.

C’est exactement ce qu’ont montré Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron dans La Reproduction (1970): le diplôme ne valide pas seulement une compétence, il distribue des places dans la hiérarchie sociale. Tu n’es pas reconnu pour ce que tu sais, mais pour ta capacité à traverser un parcours institutionnel validé par l’autorité.

Le biais d’autorité amplifie encore ce mécanisme.

Le diplôme semble devenir ainsi une carte d’accès symbolique: peu importe si ton savoir est bancal, le papier te crédite d’avance. À l’inverse, l’autodidacte, se retrouve disqualifié parce qu’il casse le jeu.

Il sait sans autorisation, et donc il menace la fiction que l’autorité repose sur la compétence.

Dans les faits, le diplôme me paraît surtout fonctionner comme une infrastructure de contrôle. Les institutions te fichent, t’assignent, savent où te placer et comment t’utiliser. Tu n’es pas validé, tu es catalogué.

—— Et si tu refuses de passer par leur moulin, tu es relégué… classé hors du champ. ——


Le diplôme n’est pas seulement un sésame, c’est aussi un outil de tri social.

En effet, savoir qui possède quelles connaissances permet de calibrer le rapport d’autorité.

Quelqu’un qui affiche des compétences juridiques sera traité autrement:
respecté, parfois craint, rarement écarté. Car celui qui maîtrise les règles peut les retourner, déposer un recours, pointer l’irrégularité, et surtout contraindre l’institution à justifier chacun de ses gestes.

L’effet est immédiat: le flou disparaît, la marge de manœuvre se rétrécit, et l’entretien cesse d’être un terrain de domination implicite pour devenir une procédure légale.

Connaître le droit ne t’exclut pas, ça t’adosse un bouclier – et ce bouclier force l’autorité à jouer selon ses propres règles, au millimètre.

À l’inverse, celui qui ne maîtrise pas ces codes peut être parfois recalé pour des motifs irréguliers, voire illégaux.
Et il ne s’en rendra même pas compte.

Sans outils juridiques, impossible de contester, impossible de détecter l’abus – l’injustice passe pour une simple décision administrative.

C’est là que le tri me semble opèrer: silencieux, indolore en surface, mais fondé sur une lecture implicite de ton niveau de savoir.

Ce n’est pas ton profil réel qui est jugé, mais ce que tu sembles capable de comprendre, et donc de contester.

En clair, le diplôme me semble surtout être une arme à double tranchant:

  • Il protège certains, en les rendant trop risqués à manipuler.
  • Il expose les autres, trop naïfs ou ignorants pour voir que leurs droits sont piétinés.

—— Le diplôme n’est pas qu’un bout de papier, c’est un code-barres social. Il dit aux institutions comment t’utiliser, comment te craindre, ou comment t’écraser sans résistance. ——


L’autodidacte, une anomalie tolérée… nulle part !


L’autodidacte qui sait rédiger un recours, qui peut répondre à une mise en demeure sans avocat ni syndicat, n’est pas perçu comme une ressource mais comme une menace.
Pas parce qu’il est incompétent, mais parce qu’il casse le décor: il maîtrise les règles sans avoir traversé leur labyrinthe certifié. Sa compétence n’a pas été estampillée par leurs rituels, donc elle devient suspecte… et dangereuse car inconnue de leur systeme.

C’est exactement ça, le danger de l’autodidacte: il prouve que l’autorité n’est pas ancrée dans le savoir, mais dans la validation symbolique du système. Et ce système hait qu’on lui tende un miroir où ses murs ressemblent à du carton.

Dans le droit, l’exemple est frappant: répondre seul à une mise en demeure ou déposer un recours administratif sans avocat est très souvent parfaitement possible.
Mais tout est organisé pour te faire croire que tu n’en as pas le droit ou les compétences.

On parle alors de “manque de qualité pour agir”, comme si ta connaissance ou tes capacités de compréhension ne valait rien hors diplôme.

Ce n’est pas ton raisonnement qui est balayé, c’est ton statut.

—— L’institution ne craint pas les ignorants, elle craint les éveillés sans sceau officiel. Parce que ceux-là prouvent que l’autorité est une fiction, et que le droit peut être retourné contre ceux qui prétendent l’incarner. ——


Pourquoi tant d’obsession à nous forcer dans la voie légale ?


Parce que les institutions sont bardées d’avocats, d’experts et de procédures qu’elles maîtrisent mieux que toi.

Le droit est leur terrain: elles y règnent par saturation et complexité.

Max Weber l’avait déjà défini: l’État impose sa domination par la bureaucratie légale-rationnelle, où le citoyen n’existe qu’à travers la procédure (Économie et société, 1922).

Mais un dossier qui attaque hors cadre, qui refuse la logique balisée de leurs manuels, devient incontrôlable.

Les sciences sociales parlent de résistance juridique informelle:
quand un individu agit en dehors des codes reconnus, il fragilise la légitimité de l’autorité elle-même (Merry, Getting Justice and Getting Even, 1990).

Ce verrouillage procédural ne me semble pas être un hasard, pour moi, c’est plutôt leur stratégie.

La voie légale agit comme un entonnoir: elle t’oblige à entrer dans une mécanique qu’ils connaissent par cœur, avec ses délais, ses pièges techniques, ses milliers de pages de jurisprudence où tu te noies pendant qu’eux nagent à l’aise. Leur obsession n’est pas la justice, mais le contrôle du terrain.

Dès que tu restes dans ce couloir, ils ont l’avantage.

Mais si tu oses sortir du cadre – en contestant par un angle inattendu, en refusant de suivre la grammaire qu’ils imposent – la machine se grippe.

Car hors des formulaires, l’autorité perd ses armes. Hors des codes, il n’y a plus de case pour te ranger. Et c’est là que leur légitimité s’effrite: face à un individu qui ne joue pas selon leurs règles, ils révèlent qu’ils ne règnent que par habitude, pas par essence.

—— Voilà pourquoi ils t’enferment dans leurs labyrinthes: parce qu’ils savent qu’au premier pas hors de leurs murs, l’autorité n’existe plus. Elle n’a jamais été qu’un décor – et toi, le dissident, tu n’as qu’à pousser une cloison pour que tout s’écroule. ——


En résumé :


Flics, institutions, diplômes, chômage, égalité factice – tout est là pour que tu demandes, que tu obéisses, que tu restes persuadé qu’ils détiennent le pouvoir.

La vérité ? Ils n’en ont aucun. C’est toi qui leur donnes en jouant le rôle qu’ils t’ont assigné.

Les institutions n’ont pas plus de droit que toi à imposer la légitimité.
Elles ne font que tirer parti du fait que tu l’acceptes sans la contester.


Thröl Haartkor Mk IV – La seule autorité que je reconnais, c’est l’écho de ma voix quand tout le monde se tait.


Avis légal : Ce texte relève de l’exercice de la liberté d’expression, garanti par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et l’article 19 de la Constitution belge. Il exprime une opinion personnelle, formulée dans un cadre non-commercial et ne constitue ni une accusation formelle ni un conseil juridique. Toute citation hors contexte est susceptible d’en altérer la portée.

Ce texte a une vocation critique, philosophique et personnelle. Il n’exprime aucune accusation formelle, ne constitue pas un conseil juridique, et ne vise aucune personne identifiable.


Formulaire de droit de réponse en pied de page pour les personnes ou institutions mentionnées.


SOURCES :

– [1] Parenting Style : Effects on Children’s Views of Authority, étude mentionnant que les jeunes élevés dans des foyers combinant strictes règles et engagement parental affichent une acceptation plus positive de l’autorité à l’âge adulte – https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED425378.pdf

– [2] Articles académiques sur la socialisation juridique confirmant que les expériences perçues comme équitables renforcent la légitimité de la loi, tandis que les injustices scolaires ou sociales cultivent le cynisme juridique et inclinent à la délinquance :

– [3] Monopole de la violence légitime selon Max Weber : seule l’État est habilité à user de la force sous condition de légitimité : – https://www.balliol.ox.ac.uk/sites/default/files/politics_as_a_vocation_extract.pdf

– [4] Justice procédurale (légitimité perçue de la police : respect, voix, transparence) :

  • Tyler, T. R. (2006, 2e éd.). Why People Obey the Law. Princeton University Press.
  • Sunshine, J. & Tyler, T. R. (2003). The Role of Procedural Justice and Legitimacy in Shaping Public Support for Policing. Law & Society Review.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.