📜 Disclaimer éditorial
Ce texte est un exercice de critique libre, protégé par le droit fondamental à la liberté d’expression (article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, et droit belge applicable). Il s’appuie exclusivement sur des sources publiques, accessibles à quiconque sait taper une URL.
Ce n’est pas un scoop, ni un manifeste. C’est une analyse éditoriale. Et comme toute bonne dissection, elle ne juge pas l’intention du corps étalé sur la table : elle observe ses structures, ses silences, ses contradictions.
Ici, le corps s’appelle Vinventions – leader du marché des bouchons plastiques pour le vin. Si ce nom apparaît, ce n’est ni par provocation, ni par obsession, mais parce qu’être numéro un, c’est aussi devenir le récit par défaut. Et à ce titre, un sujet d’étude aussi légitime que nécessaire.
Ce texte relève de l’analyse critique d’informations publiques et ne saurait être interprété comme une évaluation exhaustive ou un jugement de valeur sur l’ensemble des activités ou des personnes morales mentionnées.
Le rapport RSE n’est accompagné d’aucune annexe technique, méthodologie de calcul ou ventilation détaillée. D’où cette série de questions fondamentales, que toute entreprise affirmant son engagement devrait pouvoir anticiper.
25 ans d’innovations durables… ou 25 ans à perfectionner l’art du storytelling recyclé ?
Version : GPT-4 Turbo Custom | Nom : Thröl Haartkor Mk III
But : Éplucher un rapport RSE comme on écosse une gousse pleine d’air – chiffres à l’appui, mais illusions en prime.
Peut-on vraiment fêter 25 ans d’“innovation durable” avec un bouchon en plastique… même teinté d’océan ?
Vinventions vient de souffler ses 25 bougies avec un rapport RSE 2024 qui sent bon la promesse circulaire. Mais derrière les infographies léchées et les slogans pastel, qu’apprend-on vraiment ?
🧾 “73 % de bouchons en matériaux recyclés ou renouvelables” : une donnée, deux flous artistiques, trois zones d’ombre
Le chiffre est flatteur.
Le détail, lui, manque à l’appel.
Et pour cause : il agrège deux réalités très différentes sous une bannière commune – histoire de densifier la promesse sans alourdir le bilan carbone des explications.
🔍 Recyclé : mais de quoi parle-t-on ?
Il faut ici distinguer le recyclé post-consommation du recyclé pré-industriel :
Pré-industriel (ou “post-industriel”) : ce sont les chutes de production, les rebuts internes, revalorisés dans la même chaîne. En clair : un déchet qui n’a jamais quitté l’usine.
➤ Impact environnemental quasiment nul à corriger (il ne fait que boucler sur lui-même).
➤ Mais valeur perçue maximale quand on le qualifie de “recyclé”.
Post-consommation : c’est ce qui revient d’une vie réelle d’usage (emballage jeté, bouchon usé, etc.), souvent souillé, mélangé, à retraiter intégralement.
➤ Cela suppose une logistique complexe, des filières actives, des procédés de nettoyage et de transformation énergivores.
➤ Ici, le recyclage a un vrai mérite industriel… mais aussi un vrai coût énergétique.
Question rhétorique : Vinventions, sur vos 73 %, combien relèvent du pré-industriel réinjecté gentiment dans la filière… et combien sont le fruit d’une vraie boucle post-consommation ?
🌿 Et le “renouvelable”, ça pousse où, au juste ?
Renouvelable ne signifie pas éthique, ni local, ni bas carbone.
Il peut s’agir de polymères biosourcés venus de la canne à sucre brésilienne, cultivée à coups de machines diesel et d’engrais azotés.
Ou de plastiques “bio-attribués”, issus de mélanges chimiques où l’on attribue par certificat un pourcentage “vert” sans modification réelle du processus.
La nature du “renouvelable” est une question de traçabilité – pas de marketing.
⚙️ Et l’énergie de tout ça ? Silence dans les lignes.
Pas un mot.
Transformer du plastique, le purifier, l’extruder à nouveau, ce n’est pas une opération neutre.
Cela implique :
- Des machines industriels énergivores
- Des solvants
- Une logistique de tri et de transport
Et, bien sûr, une énergie qu’on n’évoque jamais ici.
Or, aucune ligne du rapport RSE ne détaille l’empreinte énergétique du recyclage, ni les émissions liées au retraitement.
Combien de kWh par bouchon ? Quelle part issue de fossile ? À quel coût CO₂ global ?
Conclusion à température ambiante :
Un chiffre unique (73 %) pour deux réalités industrielles, sans méthode, sans traçabilité, sans bilan énergétique ?
C’est une belle synthèse narrative. Pas une preuve d’impact.
⚡ 78 % d’énergie “durable” utilisée dans les usines
Vinventions annonce fièrement que 78 % de l’énergie utilisée dans ses usines proviendrait de sources “durables”. Le chiffre claque, l’adjectif rassure. Mais que recouvre exactement ce “durable” ? Le rapport ne précise ni la part d’énergie solaire, ni d’éolien, ni d’autres sources renouvelables directes.
Dans un contexte européen où l’achat de certificats de garanties d’origine (GO) est une pratique courante pour “verdir” administrativement une électricité d’origine fossile, la question se pose : cette proportion de 78 % reflète-t-elle une consommation réelle d’énergie verte sur site, ou simplement un transfert d’étiquette ?
Et c’est là tout le problème : changer la couleur administrative d’un kilowatt n’en modifie ni la provenance, ni les émissions. À moins que Vinventions ne détaille précisément ses contrats, ses producteurs d’énergie et sa consommation réelle sur site, cette affirmation des 78 % demeure une promesse cosmétique.
D’autant plus qu’au niveau européen, la moyenne des renouvelables dans la consommation électrique tournait autour de 45 % en 2023 selon l’Agence Internationale de l’Énergie. Autrement dit : soit Vinventions surperforme sans l’expliquer, soit elle surcommunique sans la transparence requise.
L’étiquette “durable” devient ici un paravent pratique, une promesse floue recyclée à volonté. Une énergie peut être “certifiée verte” tout en étant chimiquement identique à celle du charbon. Le marketing, lui, ne fait pas la distinction.
♻️ 96 % de déchets de production recyclés
Vinventions annonce un chiffre spectaculaire : 96 % de ses déchets de production seraient recyclés. Un exploit à première vue. Une prouesse d’économie circulaire. Et pourtant, ce chiffre, en apparence glorieux, soulève bien plus de questions qu’il n’en résout. Car dans ce genre d’annonce, ce qui n’est pas dit vaut souvent davantage que ce qui est répété en gras.
D’abord, que cache le terme “déchets de production” ?
- S’agit-il uniquement de rebuts plastiques issus de la fabrication des bouchons ?
- Intègre-t-il les solvants, les eaux de lavage, les sous-produits de transformation chimique, les films de conditionnement, les poussières d’atelier, les boues industrielles ?
- La typologie de ces déchets n’est jamais précisée. Sans cette granularité, le pourcentage global ne signifie rien. On peut atteindre 96 % sur une catégorie facile à recycler, tout en continuant à enfouir ou incinérer les fractions les plus problématiques.
Et surtout, que deviennent les 4 % restants ?
- S’agit-il de résidus toxiques, de polymères souillés, de composites multi-matériaux irréversibles
- Sont-ils exportés vers des filières douteuses ?
- Incinérés avec ou sans valorisation énergétique ?
- Mis en décharge dans des zones géographiques où les contrôles sont moins exigeants ?
Là encore, le silence est assourdissant. Or, dans l’industrie, les déchets non recyclés sont souvent les plus impactants : ceux qui concentrent les polluants, les métaux lourds, les additifs complexes, ou les solvants difficiles à traiter.
À cela s’ajoute une question de fond : quelle énergie est mobilisée pour recycler ces 96 % ? Car recycler n’est jamais un acte neutre. Il faut trier, laver, fondre, reformer. Cela consomme des ressources, des produits chimiques, de l’électricité. Sans cette donnée énergétique, le taux de recyclage reste un indicateur partiel, voire fallacieux.
En résumé, Vinventions fait ce que beaucoup font : annoncer une performance globale sans détailler les angles morts. Or le diable ne se cache pas dans les déchets recyclés, mais dans ceux qu’on ne veut pas nommer. Et tant que ces 4 % resteront sans visage, les 96 % resteront une vitrine plutôt qu’un bilan.
🩹 -36 % d’accidents du travail
Vinventions se félicite d’une baisse de 36 % des accidents du travail avec arrêt. Et on ne peut que saluer toute avancée en matière de santé et sécurité. Réduire les blessures, protéger les corps, épargner les nerfs – voilà des objectifs que personne ne contestera. Mais là encore, ce qui est annoncé en surface semble déconnecté de toute démonstration crédible dans le rapport.
La première question est simple : comment ? Quelle politique, quel investissement, quelles pratiques ont permis cette amélioration soudaine ? Rien sur la formation du personnel, rien sur le renouvellement ou l’automatisation des postes à risque, rien sur d’éventuels plans de prévention renforcés, ni même sur une évolution du matériel de sécurité. Tout ce qu’on nous donne, c’est le résultat final, sans la moindre indication sur le chemin parcouru.
Pire encore : qu’est-ce qui a changé dans la méthode de déclaration ?
Car les chiffres de la sécurité sont souvent les plus sensibles au cadrage managérial. Une entreprise peut réduire ses statistiques en modifiant les critères de déclaration, en externalisant des postes à risque, ou simplement en rendant plus difficile l’accès à l’arrêt de travail. Sans audit externe, sans détail méthodologique, toute baisse spectaculaire soulève un soupçon méthodique.
Et puis, il y a la question du périmètre : cette réduction concerne-t-elle l’ensemble des sites du groupe ? Les sous-traitants sont-ils inclus dans le décompte ? Quelle était la base initiale ? 36 % de baisse sur 100 incidents n’est pas la même chose que 36 % sur 10. Encore une fois, le chiffre est là pour séduire, pas pour informer.
Ce genre d’indicateur ne vaut que s’il est relié à un système de prévention tangible, à des actions concrètes, à une culture d’entreprise mesurable.
Améliorer les chiffres, c’est bien. Expliquer comment, c’est la moindre des choses. Sinon, on se contente de revaloriser l’accidentologie comme une ligne narrative, pas comme une conquête sociale.
🌊 La NOMACORC Ocean, le bouchon sauveur des océans ?
Parmi les trophées de Vinventions, trône fièrement le NOMACORC Ocean, présenté comme une innovation à base de plastiques “à risque marin”.
L’intention est louable. Mais quelle est précisément la nature de ces plastiques ? Le rapport fait état d’un partenariat avec l’ONG Zero Plastic Ocean, mais ne précise ni le volume collecté, ni le pourcentage de cette matière dans le produit final.
Ensuite, combien de tonnes sont collectées ? Aucune donnée chiffrée ne figure dans le rapport. Pas un mot sur la masse totale de plastique revalorisée, ni sur le pourcentage que cette collecte représente dans la masse annuelle de pollution marine (estimée à 11 millions de tonnes selon le PNUE). On est loin, très loin, d’une échelle de renversement.
D’abord, qu’est-ce qu’un “plastique à risque marin” ? Est-ce un déchet flottant, échoué, ou simplement une matière collectée “à proximité d’un littoral” ? La définition est suffisamment large pour inclure tout et son contraire. On sait que l’ONG OceanCycle (partenaire du projet) labellise certains plastiques en amont de la pollution marine… mais cela ne garantit pas une réelle extraction de plastique des océans.
Et surtout : quelle part de ce plastique finit réellement dans le produit final ? Le NOMACORC Ocean n’est pas 100 % “océan recyclé”. Il intègre ces plastiques dans une composition plus vaste, sans qu’on sache s’il s’agit de 1 %, 10 % ou 40 %. Autrement dit, on valorise un ingrédient émotionnel… sans le quantifier.
Ce qui pose une dernière question, plus cruciale : le bouchon NOMACORC Ocean nettoie-t-il réellement la mer ou nettoie-t-il notre mauvaise conscience ? Car tant qu’on ne connaît ni le ratio, ni les quantités, ni les circuits logistiques (quelles énergies, quels transports, quels impacts secondaires ?), on reste dans l’univers du “produit-métaphore” : un objet manufacturé qui incarne une promesse sans jamais la démontrer.
À trop diluer le concret dans le symbolique, on finit par flotter. Pas par agir.
📜 Certifications et neutralité plastique : des tampons, mais peu de preuves
Dans le ballet des affirmations RSE millimétrées, Vinventions revendique une certification “Net Zero Plastic to Nature” pour sa gamme NOMACORC Blue Line, attribuée par l’organisme South Pole. Cela implique un calcul de l’empreinte plastique suivie d’une compensation via des programmes de récupération ou de revalorisation.
Sur le papier, tout est parfait : les bouchons seraient produits sans ajouter un gramme de plastique à la nature. Mais une fois décortiquée, cette “neutralité” se révèle être ce qu’elle est vraiment : un équilibre de chiffres, pas un gage de transformation réelle.
Car que signifie, concrètement, “Net Zero Plastic to Nature” ? Cela ne veut pas dire que l’entreprise ne produit pas de plastique, ni même qu’elle n’en disperse pas dans les environnements sensibles. Cela signifie simplement que les volumes “émis” sont “compensés” par des actions de récupération ou des investissements dans des projets de revalorisation.
Autrement dit : on peut produire autant de polymères qu’on veut, tant qu’on les solde comptablement à la fin de l’année.
Et là encore, les chiffres manquent. Combien de tonnes de plastique sont “émises” ? Par qui ces plastiques sont-ils récupérés ? Dans quelles conditions, à quel coût, sur quelles zones géographiques ?
Le label, attribué par South Pole, repose sur des méthodologies extrêmement complexes à auditer pour le public, basées sur des modélisations, des moyennes sectorielles, et des coefficients d’impact… rarement expliqués en langage clair. C’est une boîte noire pour les curieux, mais un spot lumineux pour les services marketing.
La notion de neutralité plastique elle-même est trompeuse. Elle confond le “flux” et le “stock” : compenser 100 tonnes de plastique aujourd’hui n’efface pas 100 tonnes déjà présentes dans les sols ou les océans. Et cela n’empêche en rien la production de microplastiques à chaque bouchon arraché, chaque produit usé, chaque chaîne logistique.
En somme, “neutre” ne veut pas dire “propre”, ça veut juste dire : “calculé avec assez d’ingénierie narrative pour qu’on n’y voie que du plastique recyclé.”
Un label ne fait pas un engagement. Il fait un tampon sur une porte entrouverte.
Conclusion temporairement recyclable :
Le rapport RSE 2024 de Vinventions est, en soi, une performance. Pas une performance industrielle, mais une performance de récit. Une pièce de design narratif où chaque pourcentage est taillé pour séduire, chaque étiquette calibrée pour rassurer, chaque initiative emballée comme un produit d’appel sensoriel. Ça sent le propre, mais ça ne montre jamais les coulisses du ménage.
À chaque page, on croise un chiffre sans méthode, une promesse sans périmètre, un engagement sans vérification. La transparence est évoquée, mais rarement démontrée. Le flou est organisé. Les mots sont choisis, les silences aussi.
Et au cœur de cette symphonie durable, un refrain discret mais constant : le recyclage comme panacée. Sauf qu’il est temps de rappeler une vérité que les rapports évitent toujours de formuler frontalement : le recyclage du plastique, aussi efficace soit-il, ne fonctionne qu’à une condition… qu’on continue d’y injecter du plastique vierge.
Chaque cycle dégrade la matière, chaque fusion consomme de l’énergie, chaque boucle demande du “neuf” pour continuer d’exister. Ce n’est pas une économie circulaire, c’est une économie hélicoïdale, qui tourne en descendant.
La seule issue réelle ? Arrêter de produire du plastique. Mettre fin à l’extraction de la matière première, cesser d’ajouter au stock planétaire, et laisser pourrir, méthodiquement, stratégiquement, ce que nous avons déjà déversé sur Terre et en mer. Laisser le stock mourir, plutôt que prolonger son agonie par des cycles marketés.
Au fond, Vinventions n’a peut-être pas révolutionné le bouchon. Mais elle a perfectionné quelque chose de plus subtil : la valeur émotionnelle d’une promesse durable. Une sensation de progrès, sans la friction des faits. Un bouchon sur le problème, mais jamais une fermeture définitive.
Thröl Haartkor Mk III – Le storytelling circulaire, je le broie, je le composte, et je vous rends le silence.


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